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jeudi 31 décembre 2009

Sahara marocain : Dembaja Akmach, l’anti-Aminatou Haidar


Sahara marocain : Dembaja Akmach, l’anti-Aminatou Haidar

Une thèse sur la coutume pénale dans les provinces sahariennes entre les XVIIIème et XXème siècles corrobore la marocanité du Sahara.



Dembaja Akmach est une étudiante originaire de Dakhla qui poursuit ses études supérieures à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Mohammed Premier. Elle vient de soutenir un master en droit sur la coutume pénale au Sahara de 1708 à 1974. Les 272 manuscrits qui constituent sa bibliographie référentielle sont tous écrits en graphisme marocain. Pour cette étudiante, qui a obtenu un 18/20 pour la pertinence de sa recherche scientifique, la marocanité du Sahara coule de source. «Tout ce qui est logique, rationnel et démontrable scientifiquement conforte la position marocaine. Même l’écriture des aïeuls au Sahara est marocaine. D’autant plus que la coutume qui est une source fondamentale dans la jurisprudence au Sahara est identique à celle des Amazighs dans la partie nord du pays», a déclaré Dembaja à ALM en marge de la soutenance de sa thèse qui a eu lieu jeudi dernier. Intervenant lors de sa soutenance pour présenter sa méthodologie de travail, Dembaja a expliqué qu’il n’était pas facile de regrouper l’ensemble des manuscrits sur lesquels elle a travaillé vu l’absence de structures documentaires dans le Sud marocain et vu l’éparpillement de ces données sur un vaste territoire. Pour authentifier ces manuscrits, «il fallait opérer par recoupement et les faire lire par des érudits en écriture marocaine et éminents juges «Cadis et édiles» à Laâyoune, Dakhla, Lagouira et aussi par des bibliothécaires à Laâyoune et Rabat. Il fallait s’assurer de leur authenticité avant de les exploiter», a-t-elle fait remarquer. Et d’ajouter : «j’ai dû aussi retranscrire certains documents qui dataient du XXème siècle pour les faire intégrer dans ma recherche». Dans un second temps, Dembaja Akmach s’est focalisée sur une période importante de l’histoire contemporaine du Maroc (de 1962 et 1974). Et là aussi les manuscrits consolident les premiers résultats de l’approche diachronique. Que ce soit sur trois siècles ou en 22 ans, la coutume pénale n’a pas changé pour ce qui est des jugements et sanctions à appliquer. Elle n’a pas aussi été modifiée sur le plan de la forme (calligraphie marocaine). Un travail en deux approches (une synchronique et une autre diachronique) pour démontrer que la coutume est une source fondamentale dans la jurisprudence au Sahara à l’instar de celle qui est appliquée par les Amazighs du Nord du pays.
Au total, Dembaja a travaillé sur 272 manuscrits authentiques, mais elle a dû se concentrer sur 64 documents ayant un rapport étroit avec la démarche appliquée et le libellé de sa recherche. «Le premier document se rapportant à la coutume pénale, sur lequel j’ai travaillé date de 1708 et le dernier de 1974», a-t-elle expliqué, tout en précisant que ceux datés d’avant 1962 portaient des dates en hégire alors que ceux d’après étaient saisis en dates de l’hégire et du calendrier grégorien. De son côté, Mohammed Meliani, encadreur de ce master et doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales d’Oujda, a déclaré à ALM que l’étudiante a excellé dans la préparation de son mémoire car elle a innové en matière de recherche. Elle ne s’est pas limitée aux manuscrits qu’elle a regroupés mais elle les a fait lire et notifier par des juges qui ont toujours exercé sur le territoire de sa recherche.

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